Le dialogue compétitif : construire la solution avec les candidats
Quand l'acheteur connaît son besoin mais pas la solution, il peut en discuter avec plusieurs candidats avant de leur demander une offre finale.
Ce que dit le texte
Le dialogue compétitif est ouvert dans les mêmes cas que la procédure concurrentielle avec négociation, sauf ceux fondés sur le montant ou sur un marché réservé (art. 39, § 1er, qui renvoie à l'art. 38, § 1er, 1°, a à d, et 2°). L'acheteur décrit ses besoins, ses critères d'attribution et un calendrier indicatif (§ 2) ; il dialogue avec les candidats sélectionnés, trois au minimum (art. 79), sur tous les aspects du marché, sans révéler les solutions de l'un aux autres sans un accord écrit et précis (§ 3). Le dialogue peut se dérouler en phases (§ 4). À sa clôture, chacun remet une offre finale ; le marché est attribué au meilleur rapport qualité-prix (§§ 1er et 6). L'acheteur peut prévoir des primes pour les participants (§ 8).
Quand l'envisager
Pour un projet complexe dont l'acheteur ne peut pas définir lui-même la solution technique, juridique ou financière : conception-réalisation, contrat de performance énergétique, montage innovant.
Ce que cela change
Pour une PME
Le dialogue demande du temps d'équipe sans garantie de gagner ; vos idées restent confidentielles, sauf accord écrit et précis de votre part.
Réflexe : Avant d'entrer dans un dialogue, chiffrez le temps qu'il vous coûtera et vérifiez si des primes sont prévues ; ne donnez votre accord à la communication d'une information que pour des éléments précis.
Pour un acheteur
Une procédure longue et exigeante, qui suppose une équipe disponible pour dialoguer et une trace écrite de chaque échange.
Réflexe : Fixez dès l'avis le calendrier, les phases éventuelles et les primes, et protégez par écrit la confidentialité des solutions de chacun.
Une province veut réduire la consommation énergétique de vingt bâtiments avec une garantie de résultat, sans savoir quel mélange d'isolation, de chauffage et de financement est le meilleur. Elle sélectionne quatre candidats, dialogue avec eux en deux phases sur leurs solutions, puis leur demande une offre finale complète, évaluée au meilleur rapport qualité-prix.
Après la remise des offres finales, l'acheteur peut seulement les faire clarifier, préciser et optimiser, puis confirmer des engagements avec le soumissionnaire retenu, sans modifier les aspects essentiels de l'offre ou du marché (art. 39, §§ 6 et 7).
Source : Loi du 17 juin 2016, art. 38, 39 et 79 (Texte).
Régime : Secteurs classiques. En secteurs spéciaux, voir la capsule L21 (art. 121, au libre choix de l'entité adjudicatrice).
Dernière vérification sur le texte officiel : 1er octobre 2026
Auteur : Mirko Muzi, fondateur de Perpens
Information générale, pas un avis juridique. Les clauses citées sont des exemples à adapter à chaque marché.
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